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ICO : les défis d’un secteur en voie de professionnalisation

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La conférence ICO-Paris organisée par Chaineum a laissé entrevoir l’intérêt des régulateurs pour un marché qui se financiarise avec ses enjeux propres

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On « tokenise » ?

Des acteurs comme Chaineum et Exaegis accompagnent ce que Paul Bougnoux qualifie de « tokenisation » de l’économie.

La banque d’affaires Largillière Finance, dont il est président, dispose depuis quelques années d’un département FinTech.

Celui-ci a progressivement élargi son prisme à la blockchain et aux ICO. Il en accompagne aujourd’hui quatre, que Paul Bougnoux préfère qualifier de « ventes de tokens », Largillière Finance se concentrant sur l’aspect « tokenisation » de l’activité plutôt que sur la levée de fonds.

Au 4 décembre 2017, la banque d’affaires recensait plus de 1 300 « crypto-actifs », dont le bitcoin, qui valait alors près de 13 000 dollars.

Elle ne scrute pas tant l’évolution du cours des crypto-monnaies que la capitalisation globale – environ 400 milliards de dollars – de ce qu’elle décrit comme une nouvelle classe d’actifs.

Si ces derniers restent aujourd’hui essentiellement des objets spéculatifs, les grands acteurs s’y intéressent.

Tandis que les premiers échanges de bitcoins doivent démarrer dimanche à la Bourse de Chicago, le Nasdaq prévoit de lancer, début 2018, des produits dérivés. Quant à Goldman Sachs, il a l’intention de développer une activité de trading dédiée aux crypto-monnaies.

Financiarisation

Les ICO sont l’un des leviers de création de ces crypto-actifs, à raison de plus de 3 milliards de dollars cette année. Une première société cotée vient de se lancer dans le bain, en l’objet de NAGA Group.

Si les premiers entrants furent des « crypto-enthousiastes », rapidement suivis par quelques investisseurs, les traders commencent désormais à prendre la main.

Sur les 129 fonds en crypto-monnaies que Largillière Finance a repérés en remontant à 2014, une centaine ont été créés cette année. Ils évoluent pour l’essentiel hors régulation, mais il y a des exceptions, à l’image de TOBAM, présenté comme le premier fonds commun de placement européen dédié au bitcoin.

Paul Bougnoux y voit une industrie émergente, lancée par des start-up innovantes et qui se professionnalise, avec des acteurs financiers qui entrent progressivement en jeu. Les régulateurs sont appelés à monter en puissance en conséquence.

Le sujet est plus large, sous l’angle de la « tokenisation » ou titrisation. Largillière, qui travaille sur ces sujets avec des acteurs de l’immobilier et de l’énergie, donne l’exemple d’un AccorHotels qui, pour financer l’acquisition de son foncier et faire l’apport en fonds propres afin de lever de la dette, titriserait une partie de son parc de chambres.

Cryptologue et enseignant à l’University College de Londres, Nicolas Courtois fait le parallèle avec un écrit de 1994 signé d’Edward de Bono (qui a théorisé la pensée latérale) et intitulé « The IBM Dollar ».

Il y est prédit que des sociétés allaient pouvoir lever des fonds en émettant, plutôt que des titres, leur propre monnaie, comme peut le faire un État – certains ont d’ailleurs franchi le pas des devises électroniques, à l’instar de Dubaï avec l’emCash.

 

En savoir plus :http://www.itespresso.fr/ico-defis-secteur-voie-professionnalisation-178426.html?inf_by=5a157d2c671db8224f8b467b